L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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L'Automne.

Photogravure directe de iMM. Yves et Barret d'après le dessin de Prud'hoii.
(N° 100 de la vente Camille Marcille.)

CHRONIQUE DE

— Les correcteurs, qui ne sont que trop coutumiers du fait,
ont tenu à nous faire dire une sottise à propos de la vente
Soutzo. A la page 269, nous avions indiqué dans un renvoi que
le Catalogue de cette collection avait erronément imprimé Bon-
nington au lieu de Bonington; on a trouvé intelligent de nous
corriger et d'indiquer comme fautive la véritable orthographe du
nom du peintre anglais qui s'écrit avec trois N et non avec quatre.

— Les 26 et 27 février, Me Dubourg, assisté ds M. Van Pe-
teghem, expert, a procédé à la vente de Médaillons de David
(d Angers), J.-J. Barre et autres, suivis d'une collection de jetons
et monnaies provenant des cabinets Didier et Bernes. Le grand in-
térêt artistique était dans ces admirables médaillons de David
(d'Angers) si précieux pour l'histoire du xix« siècle. Ils se sont
au début de la première vacation assez mal vendus — de 2 fr. 50
à 5 fr. — mais les enchères n'ont pas tardé à s'animer et on a
payé certains médaillons jusqu'à 21 frv c'est-à-dire plus cher que
dans le commerce; celui de Lord Byron qui est une merveille —
nous le reproduisons ici — a été adjugé à 12 fr. 50 à notre col-
laborateur M. J. B. Wemsill.

— La dispersion de la collection de M. Camille Marcille a
été divisée en deux ventes, chacune de deux vacations; les pre-
mières ont eu lieu les 6 et 7 mars. M* Charles Pillet. qui avait
organisé toutes choses avec infiniment de soins et un dévouement
absolu et des plus louables aux intérêts des héritiers du sympa-
thique défunt, a gagné une de ses plus éclatantes victoires, d'au-
tant plus éclatante qu'elle était en réalité loin d'être des plus
aisées. En effet, quoi qu'on en eût dit, l'impression de tout
connaisseur à la suite des expositions particulière et pu-
blique avait terriblement eu l'air d'une déception ; beaucoup ne
s'en étaient point cachés et les éléments sérieux manquaient
vraiment par trop parmi les peintures pour réussir à leur
prouver qu'ils se trompaient. La vérité, la voici : la collection
de M. Camille Marcille abondait en dessins magnifiques; quant
aux tableaux, la majorité était plus que médiocre, un petit
nombre était bon ou intéressant, et il n'y avait absolument
rien hors ligne que les Chardin et les Prud'hon, — pas autre
chose, voilà la vérité vraie. Cela n'a pas empêché M8 Charles
Pillet d'enlever la première vacation, — celle des tableaux,
— à la baïonnette, tambour battant et aux applaudissements des
amateurs, ses fidèles sujets, qui étouffaient avec bonheur dans
la salle 8 et s'écrasaient avec délices dans l'obscur magasin y

L'HOTEL DROUOT

attenant. C'est mieux qu'un Austerlitz que vient de remporter
le Roi des Commissaires-priseurs et il faut l'en féliciter sans
réserves; il a démontré triomphalement que jamais la passion
artistique n'a été plus vive, qu'en aucun temps on n'a atteint
des prix aussi fabuleux pour maintes œuvres plus qu'ordinaires
et qu'il y avait eu sottise, folie ou perversité à chercher depuis
une quinzaine de jours à affoler les capitalistes qui, se trouvant
être gens d'esprit et de bon sens, répondent éloquemment, en
déliant prestement les cordons de leur bourse, à cet inepte appel
à la peur et à toutes les malsaines excitations qu'elle traîne à sa
suite. A un autre point de vue encore, il y a lieu de se réjouir
de cette manifestation de la vente Marcille : la partie du
public qui constitue le cénacle des vrais amateurs parisiens sait
parfaitement que la très-remarquable collection Marcille est
celle que possède M. Eudoxe, le frère de M. Camille; mais il a
volontairement affecté de croire à propos de tout ce qui vient
d'être mis en vente que > c'était arrivé », tenant à rendre ainsi
publiquement hommage à un nom justement cher aux délicats, à
un nom vénéré de père en fils comme étant celui d'hommes dont
l'existence s'est toute consacrée à l'art avec un désintéressement
sans bornes, la passion la plus sincère, une inaltérable bonne
grâce et une obligeance incomparable toutes les fois qu'on y a
fait appel.

Voici les principales enchères et celles qui suggèrent quelques
réflexions dont il y a lieu de faire profit :

N° 3 du Catalogue. — Notre Seigneur Jésus-Christ déposé
de la Croix, par le Sodoma 1 5,200 fr., à M. Songer.

4. — Léda, par le Sodoma, s'il faut en croire le catalogue
qui fort heureusement n'est point parole d'évangile.

Voici l'histoire de cette Léda. Il y avait à Parme une col-
lection San Vitali, c'est-à-dire une de ces innombrables collec-
tions italiennes qui contiennent force mauvais, beaucoup de pire
et parfois aussi du bon; M. le comte de Sommariva — on voit
que cela ne date pas d'hier — y acheta cette Léda et la donna
libéralement à Léonard de Vinci qui eut la douleur de subir cette
cruelle paternité en plein catalogue Sommariva. Ce n'était vrai-
ment pas la peine de débaptiser cette affreuse croûte qui vient
de se vendre 700 fr., — c'est 700 fois trop cher! — pour en
gratifier le Sodoma, cet autre maître illustre à qui il eût fallu
épargner pareille injure.

5. — Le Réveil, par Boucher. Dans un œil-de-bœuf ovale

1. Gravé dans l'Art, tome IV, page 245.
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