L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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L'ART.

ginalicé un peu paradoxale, M. Mariée, a exposé une figure très-
bonne ec qui témoigne d'efforts véritables, cette fois couronnés
de succès : Une Parisienne en 1872 est une jeune fille vêtue de
noir, coiffée d'un chapeau noir, et qui se détache sur un fond d'un
blanc grisâtre. La tête vue de face, éclairée d'un côté par la pleine
lumière, a de la puissance et de la vie; je signale un défaut dans
la bouche, mais je constate aussi un coloris sobre, naturel et clair.
Que M. Manct continue ainsi, et on l'accusera de rêver un fau-
teuil académique ! Je note en passant une charmante aquarelle de
M. Harpignies, un dessin trop fait de M. Bouguereau, des Gau-
lois, de M. Luminais, un paysage de M. E. Hillemacher, Un
cavalier sous Louis XIII de M. Chartran, Un chasseur à pied de
M. Protais, une petite figure de M. Berne-Bellecour, un Sisyphe
de M. E. Delaunay, la balançoire de M. Cot, le Printemps.

En sculpture, M. Mercié a donné un charmant Narcisse. Le
corps jeune est étendu de tout son long dans ses formes d'éphèbe,
la tête amoureuse se relève au-dessus de l'eau. La terre cuite
de M. Franceschi, les Amours portant un vase est un motif
décoratif d'un joli aspect et d'un arrangement heureux. M. Chapu
a généreusement fait don de l'esquisse de la Jeunesse pour le
monument de Henri Regnault, épreuve unique. Le Matin, terre
cuite de M. Gautherin, est une jolie chose. Remarquons en ter-
minant le buste en plâtre très-original et puissant, signé Sarah

CHRONIQUE

Angleterre. — Les administrateurs du British Muséum ont
résolu de continuer le catalogue des gravures et impressions sati-
riques. Le troisième volume, qui va jusqu'à la mort du roi
George II (1760), est à peu près terminé. On commencera
bientôt le quatrième volume, qui comprendra les œuvres appar-
tenant à la première partie du règne de George III, la période la
plus riche et l'une des plus intéressantes pour l'histoire de la
caricature anglaise. Hogarth occupe naturellement une place im-
portante dans le troisième volume.

Asie Mineure. Les journaux de Smyrne annoncent que les
fouilles entreprises à Milet, par M. Rayet, ancien élève de
l'Ecole française d'Athènes, ont donné les plus brillants résultats.
Soixante-quatre statues ont été découvertes. Les unes enrichiront
les collections du Louvre, les autres sont destinées au musée
archéologique de Constantinople.

Belgique. — M. J. Portaels est enfin entièrement rétabli de
la longue et sérieuse maladie qui le retenait éloigné de son
atelier, et va pouvoir reprendre ses vastes peintures décoratives
pour l'église Saint-Jacques, de Bruxelles.

Italie. — Dans une lettre adressée au Tunes, M. J. H.
Parker constate que les intéressantes substruccions de l'arène
du Colysée, récemment découvertes, sont maintenant sous dix
pieds d'eau, non par suite d'une inondation naturelle, mais par

Bernhardt; c'est une tête d'enfant coiffée de serpents; les traits
ont une beauté étrange.

Nous allions oublier de parler d'une chose extraordinaire et
qui va étonner tout le monde. Nous avons vu un tableau de M. Vol-
Ion, sans chaudron, et représentant des oiseaux morts. Voilà
une œuvre rare.

— M. Eugène Fromentin a commencé dans la Revue des
Deux Mondes du icr janvier la publication d'une très-remar-
quable étude : Les Maîtres d'autrefois : Belgique-Hollande. Un
de nos collaborateurs en rendra compte dès l'achèvement de cet
intéressant travail ; mais dès aujourd'hui nous tenons à signaler la
rentrée du peintre du Sahel dans le domaine de la littérature. C'est
là une bonne fortune pour le public lettré et pour le public
artiste.

— M. Pierret, conservateur des antiquités égyptiennes au
Musée du Louvre, vient d'acquérir pour le compte de cet éta-
blissement quatre anciennes statues égyptiennes, en bois, remon-
tant à la sixième dynastie.

— Notre collaborateur, M. Philippe Burty, vient de publier
dans la Vie littéraire des lettres inédites d'Eugène Delacroix.
M. Philippe Burty est un des hommes qui peuvent parler avec le
plus d'autorité de ce maître.

ÉTRANGÈRE

11 janvier 1876.

le fait des ouvriers romains qui ont eu la maladresse de trouer
un aqueduc dont les eaux ont envahi les dessous de l'arène. Pour
réparer cette méprise, on a imaginé d'installer sur les lieux une
machine à vapeur, afin de pomper les eaux. Les fonds man-
quant, la machine a cessé de fonctionner depuis quatre mois.
M. Parker est d'avis qu'on eût bien mieux fait de vider l'ancien
et magnifique conduit par lequel s'écoulaient les eaux amenées
dans l'arène pour les naumachies. Il en eut coûté quatre fois
moins cher. Mais maintenant que le mal est fait, M. Parker fait
appel à une souscription privée pour réunir les fonds nécessaires
à la reprise des travaux d'assèchement des substructions.

— A Naples, on a découvert dans un magasin de la Via
Santa Chiare une Madone de Giotto. Ce magasin, qui appartient
au domaine, est loué à un marchand de bois, qui a fait blanchir
les murs ; et il paraît que ces murs étaient recouverts de fresques
qui seraient également de Giotto. Telle est du moins l'opinion
du peintre Morelli, qui a vu la Madone, et qui la considère
comme un des plus précieux spécimens de la peinture préraphaé-
liste italienne.

— A Catane, la municipalité a unanimement résolu de faire
transférer dans cette ville les cendres de Bellini, le maestro
catanais.

NOTRE EAU-FORTE

Cette livraison est accompagnée d'une eau-forte gravée pour I relies de Henry Regnault : Valet de torero, qui fait partie de la
l'Art, par M. Charles Waltner, d'après une des plus belles aqua- collection de Mrae la baronne Nathanicl de Rothschild.

NÉCROLOGIE

Sir Anthony de Rothschild, Baronet, membre du Parle-
ment anglais et Consul général (l'Autriche«• Hongrie, qui
vient de mourir à l'âge de soixante-six ans, était un amateur

plein de goût; il laisse de précieuses^collections de tableaux,
d'objets d'art et d'ameublement ancien, qui ornaient sa rési-
dence de Londres.

te Directeur-Gérant, EUGÈNE VÉRON.
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