L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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LE MUSÉE FOL, A GENÈVE

ucune ville ne paraît moins faite que Genève pour la culture des
beaux-arts. Au moment même où la Renaissance faisait éclore tant de
chefs-d'œuvre en Italie, la Rome protestante assombrissait son carac-
tère, devenait iconoclaste et expulsait les quelques artistes qui cher-
chaient à s'établir dans ses murs. Des lois somptuaires, inspirées par
les arides et austères principes du calvinisme, proscrivaient toute
espèce de luxe et défendaient même aux femmes de se farder, friser ou
poudrer les cheveux, ainsi que de porter montres d'horloge et miroirs à la
ceinture.

Cependant, de nos jours, il s'est formé une espèce d'école genevoise, connue en France par les
noms des Diday, Calame, Hornung, van Muyden, Humbert, Castan, sans compter les sculpteurs
Chaponnière et Pradier, enfants de Genève. Mais le génie de la cité de Calvin devait se révéler
surtout dans la science et les lettres. A part Rousseau, qui est le grand homme de la localité,

Buste d'Ariane.
Dessin de Bocourt, gravure de Tourfaut.

mais dont la gloire peut être revendiquée par la France, la philologie a fourni Estienne, Casaubon,
Scaliger; la médecine, Tronchin , Herpin, Odier; la jurisprudence, Burlamaqui, Bellot, Gide; la
littérature, M1"" de Staël, M"" Necker, et de nos jours Victor Cherbuliez, Sayous, F. Naville,
M"" de Gasparin; la physique, Bonnet, de Saussure, Senebier, de Qandolle ; l'histoire, Sismondi,
Mallet-Dupan, etc.
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