L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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L'ART.

Le but de la Reine est évidemment, d'après VAthenœum. de donner
l'exemple aux propriétaires d'oeuvres d'art et de venir efficace-
ment en aide à l'œuvre d'éducation artistique que la Royal Aca-
dcmy a entreprise en organisant des expositions annuelles d'œuvres
des maîtres anciens, tâche aussi lourde que désintéressée, et dont
il faut souhaiter le succès.

— Sir Henry Cole, en distribuant les prix aux élèves de
l'Institution de I.iverpool, le 8 décembre, a insisté dans son dis-
cours sur la nécessité de rendre les musées de science et d'art
accessibles au peuple le dimanche. (Builder.)

Etats-Unis. — Vells Collège à Aurora, dans l'état d'Illi-
nois, vient de s'enrichir de deux bustes qu'on attribue à Canova.
L'un est un buste en marbre de Napoléon Ier, et l'autre repré-
sente Marie-Louise. On dit que Louis-Philippe les a envoyés,
en 1839, comme cadeau à un citoyen distingué du Mexique, à la
mort duquel on les a vendus et portés aux Etats-Unis.

Italie. — Le chevalier Giuseppe Isola de Gênes, Conser-
vateur des riches collections du Palajjo Rosso données à sa ville
natale avec ce palais des Brignole-Sala, ses ancêtres, par M"' la
duchesse de Galliera, vient de publier une fort intéressante bro-
chure consacrée au Palais délie Compère di San Giorgio. Voici de
quoi il s'agit : l'élargissement et la prolongation de la Via Carlo
Alberto, à Gênes, ont été décrétés depuis longtemps; mais le
tracé renconcre le Palais de San Giorgio^ dont la belle façade du
xni" siècle inspire une égale admiration aux artistes, aux archéo-
logues et aux historiens. Tous voudraient la voir conservée et
tous cependant reconnaissent l'urgence des travaux décrétés par
la municipalité. Une commission fut nommée pour rechercher le
meilleur parti à adopter. Elle proposa de reculer la façade de
quelques mètres dans l'alignement de la nouvelle rue. Ce projet
adopté, tout le monde crut qu'il allait être mis à exécution. Mais
il ne tarda pas à se former un parti puissant pour combattre
cette résolution, parti qui se refusait à reculer la façade, mais
voulait qu'on sacrifiât une partie pour restaurer le reste sur
place. Les deux camps s'accusaient l'un l'autre de vandalisme.
C'est pour défendre la décision prise par la commission dont il
faisait partie que M. Isola a publié cette brochure, dont l'auto-
rité est d'autant plus grande qu'elle émane d'un artiste très-
distingué et fort compétent.

— La vente des objets d'art du Mont-de-Piété à Rome a été,
comme nous l'avons prévu, une gigantesque déception, pour ne
pas dire un scandale sans précédent. On ne saurait imaginer
fiasco plus absolu. Les experts s'étaient livrés aux estimations les
plus fantaisistes; on ne trompe pas avec plus de sans-gêne le ven-
deur ; on ne se moque pas plus audacieusement du public. Les
mises à prix, invariablement hyperboliques, ont été accueillies ou
par des éclats de rire ou par des haussements d'épaules.

L'administration du Mont-de-Piété en a été pour ses frais.

— Le prince Alexandre Torlonia s'occupe activement d'or-
ganiser, dans ses nouvelles constructions de la Villa Albany,
la perle de ses innombrables domaines, un Musée européen
composé des moulages de tous les chefs-d'œuvre de la statuaire
disséminés dans les musées et galeries de tous les autres pays,
afin que les artistes qui habitent Rome puissent compléter leurs
études en trouvant réunies dans la capitale de l'Italie toutes les
merveilles de l'art du sculpteur.

— h'Academy de Londres signale un don important qui a été
fait à la ville de Gênes par le duc de Galliera. Par son mariage
avec l'héritière des Brignole-Sala il était devenu possesseur du
célèbre palais Brignole, ou comme on l'appelle vulgairement le
Palazzo Rosso dans la Via.Nuova à Gênes. Ce palais contient une
collection de tableaux des plus célèbres de l'art ancien dans l'Italie
du Nord ; il a été longtemps en renom à cause de ses portraits de
Van Dyck. La valeur des tableaux a pourtant sensiblement dimi-
nué par la faute d'un artiste génois des plus incapables, qui les
a abîmés par des récurages et des repeints lamentables.

Malheureusement on lui a permis de procéder de la même
façon avec les tableaux du palais Balbi, avec plusieurs du
Durazzo et d'autres œuvres d'art à Gênes ; et partout où ses
implacables remaniements ont été autorisés par les propriétaires
ignorants, la valeur de leurs collections a été réduite de quatre-
vingt-dix pour cent. Le duc, avec l'assentiment de sa femme et
de son héritier, a donné le Palais Rouge et sa collection, jadis
très-précieuse, à la ville de Gênes, qui en aura pour toujours
l'entière propriété. Il est loin de se douter du dommage causé aux
tableaux par une criminelle incapacité ; la diminution de la valeur
n'entame pas la générosité du donateur. Il se peut qu'un restau-
rateur capable réussisse à enlever les retouches modernes; mais
il ne faudrait pas le chercher à Gênes. Espérons que les Génois
n'auront pas la malencontreuse idée de substituer une incapacité
à l'autre, et par conséquent d'augmenter encore le dommage.

— Une exposition de tableaux et de sculptures modernes
vient de s'ouvrir à Gênes.

Principautés danubiennes. —Le Musée national deBucha-
rest a été victime d'un vol commis dans la nuit du ier décembre.
Il s'agit de son trésor le plus important : la fameuse poule d'or et
ses poussins. Ce groupe en or pur, richement orné de pierres
précieuses, et pesant environ 34 livres, était de main-d'œuvre
très-ancienne et avait été trouvé enfoui il y a quelques années à
Petrosa. Les voleurs ont aussi emporté l'amphore en or massif et
le piédestal également découverts dans les fouilles de Petrosa. On
n'a retrouvé qu'un fragment de la tête cassée de la poule,
en dehors de l'édifice, dans la neige, où probablement, dans la
précipitation de leur retraite, il avait glissé des mains des
voleurs.

NÉCROLOGIE

Le 12 novembre est mort à Bruxelles M. Paul Lauters,
professeur à l'Académie royale des Beaux-Arts, paysagiste
et aquarelliste distingué. Sans avoir brillé au premier rang,
Lauters était un des vétérans les plus estimés de l'Ecole
belge. Ses aquarelles surtout avaient de l'éclat, de la vigueur

et du charme. Cette année, à l'exposition de la Société royale
belge des aquarellistes et au Salon de Bruxelles, il avait
envoyé encore quelques paysages, ses dernières œuvres sans
doute. Lauters souffrait depuis plus d'un an du mtl cruel
qui l'a emporté dans sa soixante-sixième année.

Le Directeur-Gérant, EUGÈNE VÉRON.
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