L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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CONSIDÉRATIONS

SUR

L'HISTOIRE DE L'HABITATION

(F.Ni.)

es peuples arrivèrent à un haut degré de civilisation dès l'antiquité.
L'habitation chez eux dut naturellement avoir un développement beau-
coup plus précoce que dans le Nord; et en effet, à l'époque classique,
chez les Grecs et les Romains, elle avait déjà atteint le développement
que l'habitation du Nord devait seulement acquérir au xve siècle.

Les caractères principaux sont naturellement tout l'opposé de ceux
qui distinguent l'habitation dans le Nord. Une cour carrée, tel en est
le point de départ. C'est le centre des constructions comme de la vie
sociale. Cette cour a des bassins et des fontaines qui lui donnent la fraî-
cheur. Tout alentour des gazons et des fleurs. Pour l'œil c'est une
jouissance esthétique, bien que l'art n'apporte encore aucun de ses ornements à l'édifice. Celui-ci se
compose d'une galerie couverte qui court le long du carré, et dont la toiture est supportée par des
pilastres ou des colonnes. Contre la galerie viennent se placer les appartements et les portes
tournées en dedans vers la cour, ainsi que les ouvertures destinées à faire entrer la lumière. Une allée
unique établit une communication avec la voie publique par le vestibule ; il faut passer par la cour
pour arriver aux appartements. A l'extérieur, l'édifice n'offre rien d'intéressant à l'œil, ni portail, ni
colonnade; rien qu'une muraille recouverte d'un enduit, et sans fenêtres; tout au plus quelques
ouvertures irrégulières et insignifiantes pour introduire la lumière dans les appartements. A l'intérieur
au contraire les ornements en couleurs vives et faisant image sont prodigués à profusion.

Ainsi la maison avec cour se sépare du reste du monde, et toutes les dispositions y sont uni -
quement prises en vue de la vie intérieure. Tandis que le hall offre son hospitalité à tous, la maison
avec cour ne connaît que la vie intime. L'une regarde au dehors avec son portail et ses fenêtres qui
prennent des proportions démesurées; l'autre, pour ainsi dire, n'a d'yeux que pour l'intérieur; celle-ci
évite autant que possible les ornements extérieurs même aujourd'hui; celle-là au contraire, la maison à
hall, grâce aux progrès de l'architecture, se crée une ornementation extérieure d'une richesse toujours
croissante. L'antiquité, avec sa vie politique à ciel ouvert, recherche pour ses bâtiments publics et ses
temples des dimensions extraordinaires et monumentales ; pour la vie privée, le monde extérieur n'a
pas à s'en occuper; en retour la maison privée ne se préoccupe pas de lui, et n'a pour lui aucun
ornement extérieur.

Peu nous importe le nom donné dans l'antiquité aux différentes parties de l'édifice privé. L'essentiel
est de se faire une idée exacte de ses dispositions principales, surtout de celles de l'atrium, la cour
du milieu, le centre de réunion, le lieu d'où la lumière arrive dans tous les refuges couverts qui l'en-
tourent. »

La maison antique avait à l'origine une cour, les chambres qui donnaient sur cette cour étaient
exiguës et obscures. Le progrès de la civilisation, l'accroissement des richesses et des besoins néces-
sitèrent un agrandissement de ces dispositions. En règle générale, la maison antique n'avait qu'un rez-

i. Voir tome IV, page 63.
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