L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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M. ADRIEN DUBOUCHÉ

e Journal officiel contient à la date du 10 février
une liste de décorations accordées sur la propo-
- si don de M. le Ministre de l'instruction publique,
tÇJfrljJ des cultes et des Beaux-Arts, que nous avonsdonnée
' .lans notre dernier numéro. Il en est une qui nous

a fait un singulier plaisir entre toutes, parce qu'il s'agit d'un
homme qui a droit à toutes les sympathies de l'Art, et qui, dans
l'ordre des choses qui nous occupent, a rendu les services les
plus importants. La croix conférée à M. Adrien Dubouchénous
semble mériter, dans le coure libellé qui justifie le choix de M. le
ministre, une autre mention que services exceptionnels, qui n'ex-
plique rien, ec la qualification de fondateur du musée céramique
de Limoges, qui est insuffisante pour donner une idée des titres
considérables qu'a acquis M. Dubouché à la reconnaissance
publique et-aux récompenses honorifiques dont dispose l'admi-
nistration.

La création d'un musée de céramique dans une ville dont la
prospérité est due presque tout entière à l'importante fabrication
des porcelaines est assurément l'œuvre la plus réfléchie et la plus
reconunandable, et elle suffirait seule, sans parler du succès de
l'entreprise et de la générosité avec laquelle elle a été menée,
pour mériter à son auteur la haute distinction qui s'est fait attendre
si longtemps. Mais cette création, qui vient d'être couronnée par
le don de la collection Jacquemart, prend une bien autre valeur
si on la rattache à l'ensemble du plan conçu par M. Dubouché,
si on ne l'isole pas de la fondation des belles Ecoles des Beaux-
Arts appliqués à l'Industrie, qui comptent parmi les établisse-
ments les plus complets et les plus prospères, existant dans les
départements. *

Le musée céramique, lié à l'enseignement des écoles, devient
une institution modèle dont la valeur est doublée par l'application
journalière de ses richesses à l'instruction d'une foule d'enfants
et d'adultes des deux sexes, qui sont destinés à faire la décoration
des produits de porcelaine dans une ville qui en exporte pour
plus de vingt millions par année.

Il a été conçu dans la pensée non-seulement de doter la ville
du plus riche établissement de ce genre en France, mais bien plus
pour en faire l'auxiliaire obligé des cours de dessin; et si les
écoles de Limoges ont obtenu des avantages signalés dans les
grands concours de Paris, elles le doivent au bienfait d'un ensei-
gnement secondé par le contact avec les modèles si variés, em-
pruntés aux collections du musée habilement classées pour l'his-
toire et la géographie des arts de terre.

La justice voudrait donc qu'on ait reconnu à M. Dubouché
tous ses titres, en le décorant pour avoir doté la grande ville
manufacturière d'une école dont le plan et les programmes ont été
étudiés et arrêtés sous sa direction, tout autant que pour la riche
fondation du musée de céramique.

On lui eût assigné ainsi sa véritable place en tête de ceux
qui poursuivent la réforme de l'enseignement du dessin comme
une conquête indispensable pour la prospérité de nos industries.

Quoi qu'il en soit, là où tous les mérites du généreux citoyen
sont connus, à Limoges, la sympathie publique s'est montrée
ardente lorsqu'est venue la nouvelle de la récompense accordée
■à l'ancien maire de Limoges, et l'accueil qu'a reçu cette distinc-
tion prouve le crédit que la population lui attribue encore quand
il lui semble que c'est elle qui la donne.

A. L. de L.

LES GRANDES VENTES DE LONDRES

MM. Christie, Manson et Woods, les célèbres commissaires-
priseurs de King Street. Saint-James's Square, exercent à Lon-
dres la même royauté que M" Charles Pillet à Paris.

C'est chez eux que se font toutes les ventes importantes d'ob-
jets d'art; « les ventes de Christie», comme les appellent les
Anglais, sont une des principales attractions de la « Saison de
Londres ».

L'Art rendra compte désormais régulièrement et non plus
par exception de toutes les enchères d'un intérêt sérieux et général
qui auront lieu chez Christie, et aura en outre soin de signa-
ler d'avance aux amateurs les principales ventes annoncées.

Nous commençons dès aujourd'hui.

— Le 2 mars, vente des études de P. de Wint, qui étaient
conservées dans la famille de l'artiste depuis l'époque où elles
furent peintes.

— Le 13 mars, vente de la riche collection de gravures
d'après les maîtres anglais, formée par M. Ambrose Bassett.

— Le 14 mars, sera vendue une importante collection d'objets
d'art décoratifs, de pièces remarquables d'ameublement des
époques Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, et de porcelaines
de Sèvres et de Saxe.

— Le 16 mars seront dispersées aux enchères toutes les
œuvres laissées par feu G. J. Pinwell, membre de la Society

of Pamters in JVatcr Colours que préside un maître éminent, Sir
John Gilbert, A. R. A.

,— Le lendemain, 17, vente des derniers ouvrages et des
études de feu A. B. Houghton, membre de la même Société.

— Le 18, seront vendus des tableaux et des études d'un des
artistes les plus renommés de l'école anglaise moderne, feu
James Danby.

— Le 21 mars, troisième vente (les deux premières ont eu
lieu l'an dernier) de la fameuse collection de porcelaine orien-
tale, formée depuis cinquante ans par M. Henry G. Bohn,
l'ancien libraire, aujourd'hui octogénaire et très-millionnaire,
qui porte merveilleusement sa très-verte vieillesse. M. Bohn, qui
a rédigé le catalogue avec un soin religieux, ne veut pas que sa
collection soit dispersée après sa mort par des profanes, et c'est
par passion qu'il en préside lui-même la vente.

— Le 23 mars, seront adjugés 35 dessins, 40 études et un
tableau de Clarkson Stanfield, par suite de la mort de la veuve
du célèbre artiste.

— Le 25 mars, tableaux modernes et aquarelles composant
la collection de M. Jacob Burnett, de Tynemouth.

— Le 31, 120 tableaux modernes et 200 aquarelles faisant
partie de la collection de M. Albert Levy, un des principaux
amateurs de Londres.

CHRONIQUE FRANÇAISE

M. Wallon, Ministre de l'Instruction publique et des 1 Concours du vase de Sèvres. — La Direction des Beaux-

Beaux-Arts, fait faire en ce moment un rapport général sur
l'état actuel des musées et monuments historiques de France.

Tome VI

Arts a l'honneur de rappeler que les dessins pour le Concours
du Prix de Sevrés, de 1876, doivent être déposés avant quatre
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