L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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L'A

RT.

XLIX.

L'AMOUR AU XVIIIe SIÈCLE, par Ed. et J. de Goncourt.
Paris, E. Dentu, éditeur, 187J. Tirage à petit nombre, plus
quelques exemplaires sur papier d; Chine, Whatman, de Hol-
lande, vélin teinté. In-12 de 172 pages.

On sait avec quelle passion les deux frères de Goncourt ont
poursuivi leur enquête sur le xvme siècle. Ce livre, qui paraît
aujourd'hui, est digne de ceux qui l'ont précédé. C'est une étude
psychologique sur la passion qui a le plus occupé la société élé-
gante de ce siècle raffiné. Les auteurs, appuyés sur une multi-
tude de documents laborieusement compulsés, mais dont ils ne
donnent que la fleur dans ce style vivant et imagé que l'on con-
naît, suivent l'amour dans la série curieuse des transformations
qu'il a subies depuis les hypocrisies de la fin du règne de
Louis XIV jusqu'aux cyniques férocités de la fin du règne de
Louis XV.

CHRONIQUE

On peut voir en ce moment chez M. Petit, expert, rue
Saint-Georges, 7, le grand tableau que vient de terminer
M. Meissonier et qui représente une charge de cuirassiers saluant
l'empereur après la bataille de Friedland. Cette exposition
durera jusqu'au 12 décembre. L'Art consacrera un article à
l'étude de cette œuvre, qui est une page d'histoire.

— Il sera fait dans quelques semaines une vente bien inté-
ressante. On inventorie en ce moment une innombrable quantité
de dessins, de croquis, d'aquarelles, d'études peintes trouvées
dans l'atelier de Pils : c'est le résumé de toute la vie du grand
peintre de batailles. Les enchères monteront haut, il y a tout

CHRONIQUE

Allemagne. — Un projet de loi relatif à la propriété des
œuvres d'art a été soumis par le gouvernement au Conseil fédé-
ral. En voici les dispositions essentielles : Le droit de repro-
duction des œuvres d'art est transmissible par legs et autrement.
Les œuvres d'art ne peuvent être reproduites sans autorisation
de l'auteur. La protection légale contre la contrefaçon est
garantie pendant la vie de l'artiste, et trente ans après sa mort.
Des représentants des diverses professions artistiques auront à
statuer sur les contestations relatives aux reproductions d'oeuvres
d'art. (Il s'agit d'experts qui décideront si l'œuvre, objet de la
contestation, est une copie ou un original.) On ne sait pas encore
à quelle époque ce projet de loi sera voté par le Parlement et mis
en vigueur. Il serait applicable à tout l'empire d'Allemagne, et
les lois particulières des divers Etats sur le même objet seraient
abrogées. Le bénéfice de la loi serait acquis aux œuvres d'artistes
allemands à l'étranger, et aux œuvres d'artistes étrangers en
Allemagne.

Angleterre. — Les polémiques des journaux français au
sujet de la réorganisation du Salon de Paris, l'idée de substi-
tuer aux expositions annuelles des expositions triennales, et
surtout la limitation du nombre des envois, ont quelque écho
en Angleterre et amènent la presse anglaise à critiquer assez
vivement-des expositions de la Royal Academy. L'Athenœum,
par exemple, estime qu'en réduisant à deux le nombre des
envois d'un même artiste, admissibles au Salon de Paris, l'ad-
ministration des Beaux-Arts a pris une mesure qui ne peut
être que favorable aux intérêts les plus élevés de l'art fran-
çais. Il voudrait pouvoir espérer que les membres de la Royal
Academy s'imposassent à eux-mêmes pareille limite, mais il est
persuadé qu'on ne peut compter sur une réforme du « caractère

C'est une histoire des plus curieuses et des plus attachantes,
que nous aimerions à résumer ici si ce sujet n'était en dehors du
cadre de cette publication. Mais si le sujet nous échappe, le livre
lui-même nous appartient avec ses gracieux encadrements de
Pagesi gravés sur bois par Méaulle, qui rappellent la manière et
le goût d'Augustin de Saint-Aubin, et son frontispice à la Bou-
cher, enlevé du bout de la pointe par Boilvin avec une légèreté
et une finesse de traits qui rivalisent avec le burin. Le fleuron
qui termine le volume, et qui représente une nymphe du
xviii" siècle fouettant un jeune faune avec un paquet de roses,
n'est pas moins joli. Tout cela est d'un goût charmant, et il
était difficile de désirer entre le contenu et le contenant, entre le
sujet et le livre, un accord de ton et de décoration plus complet,
plus satisfaisant pour l'esprit, plus réjouissant pour l'œil.

Une première édition a été enlevée en six jours. La seconde
paraîtra prochainement.

Eugène Véron.

FRANÇAISE

>

lieu de le croire, et Mc Boussaton n'aura pas besoin de stimuler
l'ardeur des amateurs.

— Voici, par ordre alphabétique, les noms des candidats au
fauteuil laissé vacant par le décè^ de M. Labrouste, et qui se
présentent aux suffrages de l'Académie des Beaux-Arts :

MM. Bailly, Clerget, Davioud, Diet, Ginain, Godebœuf,
Magne et Vandremer.

— L'Académie des Beaux-Arts a décidé que, dans sa séance
de samedi prochain 11 décembre, elle entendrait la lecture des
lettres des candidats à la place laissée vacante dans la section de
sculpture par le décès de Barye.

ÉTRANGÈRE

9 décembre 1875.

ultra-commercial » des galeries de Burlington House, à moins
d'un changement dans l'organisation du corps académique lui-
même, et il croit que le mieux serait de soumettre à réélection
les membres de la Royal Academy, de réduire à dix années la
durée de leurs fonctions, en stipulant un interrègne d'une année
avant nouvelle élection. Ce n'est pas la première fois que
Y Athena>um préconise ce système de roulement, de renouvelle-
ment et de rajeunissement du corps académique.

— La Société des Artistes français a ouvert à Londres, le
8 novembre 1875, sa onzième exposition annuelle. Dans Y Aca-
demy. M. \V. M. Rossetti signale, parmi les ouvrages les plus
remarqués de l'exposition, des tableaux de MM. Roybet (très-
entiqué par Y Architect), Lhermitte, Legros, Whistler, Jules
Breton, Clairin, Bellenger, Gérôme, Degas, Boudin, huit Corot,
parmi lesquels le Lac de Némi. des fleurs de M. Fantin, et deux
excellents bustes en terre cuite de M. Dalou. L'exposition com-
prend aussi plusieurs ouvrages d'artistes étrangers à la France,
notamment de MM. Alma-Tadema, Munthe, Burnier, Rasmus-
sen, et de M. Munkacsy qui, pour la première fois, expose un
paysage, un Clair de lune d'automne. dont M. Rossetti fait grand
éloge. Il y a aussi un Leys de qualité moyenne : Christophe
P lan tin. F imprimeur anversois.

— M. Drury Fortnum a prêté au South Kensington Muséum
un portrait de Michel-Ange à l'âge de quatre-vingt-huit ans,
médaillon en cire exécuté du vivant du maître par Léo Leone,
en 1562.

— Le Livcrpool Art Club a inauguré sa nouvelle galerie le
lundi 15 novembre par une exposition des œuvres de feu David
Cox, le paysagiste anglais, dont le génie essentiellement national
est très-priséde ses compatriotes. L'exposition paraît être la col-
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