L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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CHRONIQUE

l'installation du musée des moulures, dont les travaux confiés à
M. Coquart, architecte, sont commencés depuis cinq ans. Aujour-
d'hui, toutes les moulures sont à leur place, et d'ici à très-peu
de jours le public sera admis à visiter ce musée.

Il se compose de la reproduction des chefs-d'œuvre de la
statuaire antique, ainsi que de quelques fragments de l'art archi-
tectural des anciens, et il est spécialement destiné aux élèves de
l'École des Beaux-Arts, qui trouveront là de nombreux sujets
d'étude et de comparaison que, jusqu'à présent, ils étaient obligés
d'aller chercher aux musées du Louvre et du Luxembourg.

Le public, néanmoins, pourra, à certains jours de la semaine,
visiter cette belle collection de moulures, qui se compose d'en-
viron deux cents sujets différents.

— Il est ouvert, par l'Académie des Beaux-Arts, un concours
de poésie dont le sujet est une scène" lyrique destinée à être mise
en musique par les concurrents au grand prix de Rome en 1876.

Cette scène à trois ou à deux personnages doit donner
matière à un solo plus ou moins développé pour chaque person-
nage, à un duo et, en outre, à un trio, si la scène est à trois
voix, ainsi qu'à des récitatifs reliant ces différents morceaux.

Une médaille de cinq cents francs sera accordée à l'auteur de
la scène choisie comme texte du concours.

L'auteur devra se mettre à la disposition de la section de
musique de l'Académie des Beaux-Arts pour faire les change-
ments jugés nécessaires.

Les pièces de vers devront être adressées, par paquet cacheté,
au secrétariat du Conservatoire national de musique et de décla-
mation avant le 15 mai, terme de rigueur.

Les pièces de vers ne seront pas signées. Chaque pièce por-
tera seulement une épigraphe reproduite sur un pli cacheté con-
tenant le nom et l'adresse de l'auteur.

Il ne sera reçu que des pièces inédites.

Les manuscrits ne seront pas rendus.

ÉTRANGÈRE. 169

— On peut voir dans la salle des miniatures, au Louvre,
divers objets d'art, notamment une Vue de Paris en ij8j, aqua-
relle du chevalier de Lespinasse, et deux porcelaines de
Mmc Jaquotot, d'après la Vierge de Foligno et la Vierge à la
jardinière, par Raphaël. Ces deux peintures ont été léguées au
musée du Louvre par M. Comeiras-Jaquotot, fils de l'auteur.

— Malgré l'étendue de ses galeries, la partie du musée du
Louvre consacrée à la peinture n'est pas suffisante pour contenir
nos richesses artistiques. Les conservateurs viennent, en consé-
quence, de proposer de transformer la salle dite des États en
salle d'exposition.

— Le commandant Leclerc, conservateur du musée d'artil-
lerie aux Invalides, organise en ce moment une galerie de cos-
tumes militaires. Elle sera ouverte au mois de mars prochain.

— Le ministre des beaux-arts a accordé, à titre d'encoura-
gement, à l'association artistique dirigée par M. Colonne, une
somme de 2,000 francs.

— On compte inaugurer au mois de juillet le monument
d'Auber au Père-Lachaise. La souscription se monte à
23,000 francs. Le terrain coûte 6,300 francs. Il reste donc
16,000 francs en caisse pour le monument. La somme paraît
insuffisante et la souscription reste ouverte.

— On vient de faire des réparations au petit château
xvme siècle de Genncvilliers.

Ce château n'a pas grande valeur architecturale ; il appartient
cependant à l'histoire par un des principaux faits avant-coureurs
de la Révolution.

C'est sous sa rotonde grêle qu'en 1784 fut représenté, pour
la première fois, le Mariage de Figaro ou la Folle Journée, de
Beaumarchais.

— Le 30 janvier, on a ouvert, à Lyon, au palais des Arts,
une collection de près de 300 tableaux, donnée de son vivant
par M. Jacques Bernard, ancien maire de la Guillotière.

CHRONIQUE

Allemagne. — La Porta Migra de Trêves va être dégagée
et isolée aux frais du gouvernement prussien qui consacre à ce
travail un crédit de 24,000 mark (30,000 francs).

Dans sa collection particulière, M. Wieser, conseiller à
Inspruck, possède une riche collection de dessins originaux, dans
laquelle la presse allemande signale un dessin de Michel Ange à
l'encre de Chine, représentant, d'un côté, deux jeunes gens
barbus et debout; et, au revers, un homme nu, non moins
barbu, assis sur un bloc de rocher. Cette figure se rapproche,
comme caractère, de celles qui soutiennent les guirlandes du
plafond de la chapelle Sixtine. La feuille a on,,4i de haut et
o"\2j de large; elle provient de la collection du prince de Salm,
évêque et cardinal, mort à Klagenfurt.

— La ville de Bonn a célébré récemment une grande fête en
l'honneur de Winckelmann.

— Une exposition d'art sera organisée à Cologne sur le plan
de celle qui a eu lieu l'année dernière à Francfort. Cette expo-
sition s'ouvrira le 1" juillet prochain. C'est la société des Anti-
quaires de Cologne qui en a pris l'initiative.

Alsace-Lorraine. — Un traité vient d'être signé avec
M. Steinle, directeur de l'Institut Stadel à Francfort, et M. Stein-
heil, de Paris, pour l'exécution des fresques de la cathédrale de
Strasbourg. On se rappelle que ce travail avait été confié autre-
fois à Hippolyte Flandrin, mort malheureusement avant d'avoir
pu l'entreprendre.

Angleterre. — L'exposition des œuvres de feu Frederick
Walkcr attire un nombreux concours de visiteurs et a provoqué
la publication d'une longue et caractéristique lettre de M. Ruskin,
grand écrivain mais bien étrange critique, chez qui la concep-
tion de la forme humaine et de ses beautés est à l'état d'infé-

ÉTRANGÈRE

2 février 1876.

riorité extraordinaire comparée à sa passion pour le paysage; il
est loin d'admirer les productions les plus remarquables de
Walker, mais ses louanges enthousiastes dépassent toutes les
limites de l'hyperbole, en l'honneur de la manière dont l'artiste
peignait les fleurs!... Le tableau des Baigneurs dont les lecteurs
de l'Art seront bientôt à même d'apprécier les qualités, est
représenté par M. Ruskin comme une tentative de peindre « des
dos et des jambes de collégiens sans chemises ni pantalons. •
Cette façon grotesque de comprendre la critique fait plus hon-
neur à l'humour de l'écrivain qu'à ses connaissances artistiques.
Mais comme l'auteur est un homme de lettres renommé, sa
lettre, telle qu'elle est, aura toujours pour résultat d'augmenter
le nombre des curieux qui voudront voir cette exposition, et le
Comité organisateur de cet hommage posthume rendu à l'artiste
n'aura qu'à s'en féliciter.

— Les actes de la Royal Academy occupent beaucoup
l'attention des cercles artistiques. Récemment avait été votée
la résolution d'augmenter de quatre le nombre des Membres
Associés qui forment en quelque sorte la pépinière des futurs
Académiciens en titre, mais une nouvelle réunion a eu lieu et la
résolution prise a été annulée. Fst-ce le fait d'une réaction pré-
méditée ou la faute en est-elle à l'omission de quelque formalité
nécessaire, c'est ce que l'on ignore jusqu'ici. Cette politique
rétrograde a créé un vif mécontentement parmi les jeunes artistes
et il est aisé de voir que l'opinion publique incline à partager
leurs rancunes. Jusqu'ici toutes les tentatives qui ont eu pour
but de donner une base plus populaire, plus large à l'institution
de la Royal Academy, ont échoué; le nombre des Asiociés, par
exemple, est encore toujours le même qu'au siècle dernier. Il
n'est pas impossible que ce dernier cou . d'épée dans l'eau auquel


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