L' art: revue hebdomadaire illustrée — 7.1881 (Teil 2)

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L'ART.

liques qui faciliteront aux artistes et aux archéologues l'étude
du style propre aux monuments et aux habitations privées, ainsi
qu'à tous les objets du mobilier civil et religieux des époques
sur lesquelles ont porté les recherches de l'auteur. Chaque jour
voit disparaître, sous prétexte d'embellissement, quelqu'une
de ces vieilles et curieuses maisons à la façade de pierre ou de
bois sculpté, qui donnaient aux villes flamandes une physiono-
mie si pittoresque. On les remplace par de banales constructions
dont l'architecture, si architecture il y a, est empruntée aux
pays voisins. M. Van Ysendyck en retrouve encore h Malines, à
Gand, en Hollande et dans les provinces actuelles du nord de la
France, car pour réunir les éléments de son ouvrage, il recon-
stitue la Belgique et les Pays-Bas d'autrefois, sans tenir compte
des limites géographiques qu'ont tracées la force des armes ou
celle des traités.

Parmi les spécimens de sculpture en bois reproduits dans
l'ouvrage de M. Van Ysendyck, on remarque les admirables
stalles de la grande église de Dordrecht, un dressoir du Musée
de la porte de Hal, à Bruxelles; des sièges tirés du recueil de
Crispin de Passe, intitulé : Bouticque de menuiserie ; des frag-
ments de retables du xvi° siècle, des fenêtres à volets intérieurs,
de ces bancs qui, servant de sophas à nos pères, étaient moins

commodes, il est vrai, mais bien plus intéressants de formes que
tous nos sièges modernes ; parmi les cuivres, les fonts baptis-
maux de l'église Sainte-Walburge de Zutphen, un lutrin de la
cathédrale de Bois-le-Duc, un lutrin de Saint-Martin de Hal.
Citons encore, entre les objets de tout genre dont le recueil de
M. Van Ysendyck offre l'intéressante réunion, des fers forgés,
des tapisseries, des grès dits de Flandre, des pièces d'orfèvrerie,
des bijoux, des reliures d'évangéliaires, etc. Tous ces types de
nos anciennes industries artistiques sont reproduits parla photo-
graphie et par la photogravure avec une fidélité dont aucun
autre procédé d'exécution ne donnerait l'équivalent.

M. Van Ysendyck a tiré jusqu'ici, non tout à fait exclusive-
ment, mais avec prédilection, des xvie et xvii0 siècles les spéci-
mens dont il a publié des reproductions. Comme il annonce,
dans son prospectus, qu'il remontera jusqu'au xc siècle, il y a
lieu de croire que les prochaines livraisons de son ouvrage
contiendront des objets appartenant aux époques anciennes,
particulièrement affectionnées des archéologues.

— Sous ce titre : la Chrysalide, il s'est formé à Bruxelles
une association de jeunes peintres, qui a ouvert une exposition
dans une salle de la petite rue de l'Écuyer.

CHRONIQ.UE FRANÇAISE

— Signalons de suite à nos lecteurs l'apparition de
l'Histoire de l'art dans l'antiquité, par MM. G. Perrot et Ch.
Chipiez. Cet ouvrage, publié par la librairie Hachette, paraît en
livraison illustrée à 50 centimes, une fois par semaine. Il est
destiné à prendre place dans toutes les bibliothèques. Le nom
des auteurs et de l'éditeur, l'importance du sujet et le bon marché
de cette publication, tout concorde à en faire un véritable évé-
nement. Aussitôt que la première partie aura paru, nous en

en les discutant, les théories et les faits qui nous seront révélés
par l'érudit et par l'artiste qui se sont associés pour cette grande
oeuvre.

De son côté, la maison Ve A. Morel et C'% entreprend la
publication en cinq livraisons d'un très important ouvrage de
M. O. Du Sartel, sur la Porcelaine de Chine. L'édition ordinaire
coûtera 200 fr. Il y aura en outre une édition numérotée, de
grand luxe, ainsi divisée : 10 exemplaires à 700 fr.; 50 à 500 fr.,

donnerons une étude et nous suivrons pour ainsi dire pas à pas, I et 50 à 3 50 fr.

NECROLOGIE

— On annonce la mort de M. Aucuste Pichenot,
orfèvre à Toulouse, décédé le 8 mai, à l'âge de soixante et
onze ans.

M. Pichenot était argentier à vie de l'Académie des
Jeux Floraux. C'est lui qui, pendant longtemps, a fabriqué,
en leur conservant leur caractère archaïque et artistique,
les fleurs que l'Académie décerne aux lauréats de ses
concours.

— M. George Cabel, qui dirigea pendant quelques
années à Bruxelles l'Ecole lyrique des pensionnaires du roi
des Pays-Bas, vient de mourir. M. Cabel avait fait ses études
au Conservatoire de Bruxelles, où il avait obtenu le premier
prix de chant. Il était officier de la Couronne de chêne et
chevalier du Lion néerlandais.

— Un artiste belge depuis longtemps fixé en France,
M. le vicomte de Papeleu, paysagiste distingué et peintre
de marines, est décédé à Gand. Papeleu avait du talent, un
talent fin, délicat, de la sincérité, beaucoup de goût: il ne
lui manquait guère que le je ne sais quoi. Amateur, il eût

passé pour un grand artiste; artiste, il faillit devenir un
maître, mais s'arrêta en route. Il a promené son pinceau
du Nord au Midi, de Dordrecht à Ostende, d'Ostende en
Normandie, et de là à Saint-Raphaël,' d'où il envoya pen-
dant plusieurs années aux Salons de Paris de petits tableaux
qui échappaient à l'attention du public, mais que goûtaient
ses confrères et que recherchaient quelques connaisseurs.
C'était un homme plein d'esprit et d'humour, et un galant
homme dans la complète acceptation du mot. Il laisse de
vifs regrets.

Papeleu, qui était très connaisseur, a possédé une des
plus belles collections de tableaux modernes qu'il céda, en
très grande partie, à un amateur d'infiniment de goût,
M. le lieutenant général baron Goethals, ancien ministre
de la guerre de Belgique.

— L'Espagne a perdu un des ses artistes les plus
remarquables, M. Franœsco Sans, qui était directeur du
Musée de Madrid.

Le Directeur-Gérant : EUGÈNE VÉRON.
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