L' art: revue hebdomadaire illustrée — 7.1881 (Teil 2)

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KniSE COMPOSÉE ET GRAVÉE PAR j. b. h U ET .

FRANÇOIS RUDE

ii lÉpp/ffiCT'^ <*£jk UDE naît à Dijon, en 1784, en plein quartier popu-

jy^/^ laire. Ce sont les premiers grondements de la

j Révolution qui l'accueillent; ce sont les murmures

^R) ^ffy \^ fiP^ orageux des foules qui le bercent. L'enfant travaille

f»T rJ/, ^^mr-^X^^^^ lui-même dans la forge paternelle, connaît

^1 lw j^^^r^J^wÊ^M^^h l'existence étroite du pauvre, les douleurs
--^j^^^^^^'^WJËJ^Jh■H,Àê^^'W^K concentrées, les labeurs excessifs. Que pro-

WÉÊÈÊfT' wwWm ttZ vjwF ,M J mettent donc les rouges lueurs de la noire

^ JÊW .MËL MfMl/fa. #JF boutique, la dispute éternelle du marteau et de

f^^^^^^^^^m y" ^mÊ l'enclume, sinon un révolté de l'art et de la vie,

M( ^fV|J^^MP%|^yi'^J^ une espèce de Rembrandt, on ne sait quel

v lÙrvV ''w$0bht' sombre Vulcain appelé à entrouvrir le monde

) • W WsâÊuMm-. \ .

I -. Y jL'W^rSte8^ • souterrain des souffrances humaines? Eh bien,

y***. J J j^È&BFvËr \y Mm nous avons en réalité un amant des clartés

- \ - sM\^**J^ËÈm± ( f*§ïr radieuses, le chantre des dieux de la lumière,

I Al... ." I i_T 1 Jj f\m
JÊlÈÈï' \ 'Wm lÊÊmK 1 .-Mm de l'Amour, d'Hébé, de Mercure, un de ces Grecs

■ , ; ^^^^J^y^^^^^m enfin qui, dans leur conception de l'art

11 P ), àm'^mÊÊu^^aÊ^^^^7 ^iTWÊÊHf^-^==T~~~' de vivre, ont fait de la douleur une

/ • Jfii^^;^Pl jP^T**" " - L*'*£^t»- manière de rehaut nécessaire à l'ensoleil-

J^fT, ^j^-l______. lement de la vie. Lorsque, au sortir de

W^Êfj/P -^^^^^^-^^^E la boutique ténébreuse, le jeune homme entre à

fS^w—^ l'école des beaux-arts de Dijon, devant l'antiquité

Lettre composte « dessinée pour VArt P.r François Ehrmann, brusquement révélée, il a Un ébloUlSSement. Au loin

gravée par Leveillé.

la grande clarté l'attire, et le voilà qui file en plein
ciel vers cette Grèce enivrante qui l'absorbe tout entier et le noie dans ce rayonnement divin
qui « fait jouer l'arc-en-ciel jusque dans ses larmes ».

La bibliothèque de Devosge lui livre la littérature comme le musée lui avait livré les tableaux
et les statues ; il se jette sur tout cela, s'en pénètre avec ardeur, pêle-mêle, sans beaucoup de
critique, copiant le jour, lisant la nuit. De cette éducation enragée il reçut, avec des averses de
rayons une véritable insolation dont, malgré ses efforts ultérieurs pour revenir entièrement à la
nature, il ne put jamais complètement guérir. Nous n'avons qu'à consulter ses œuvres pour
constater que, jusqu'à la fin de sa vie, le fantôme éblouissant ne lui laissa guère de répit. Sans

Tome XXV. 4
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